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Paris - Rome IVe partie: de Dole à Poligny, l'Echappée jurassienne (1)

17 Juin 2023 , Rédigé par Guillaume Lagrée

En quittant Arc et Senans

En quittant Arc et Senans

la Loue. Souvenir de Marcel Aymé

la Loue. Souvenir de Marcel Aymé

Paris - Rome IVe partie

Omnes viae Romam perducunt

L’Echappée Jurassienne (1)

De Dole (Jura, Bourgogne Franche-Comté, France) à Poligny (Jura, Bourgogne Franche-Comté, France)

Topo guide 390 de la FFRP

Mai 2022. GR59 et variantes.

5 jours de marche de Dole à Poligny

 

Bienvenue au 1er abonné de ce blog.

Que les Dieux et les Muses le protègent!

 

Lundi 9 mai: Paris (75) – Dole (39) – La Vieille Loye (39)

TGV Lyria France -Suisse

Paris gare de Lyon : 7h56

Dole : 9h57.

Courses à Dole.

Gare de Dole - Valcombe : 3.5km. 55mn

Valcombe – La Vieille Loye (241m) : 11km. 2h45.

14.5km. 3h40. Hôtel communal de la Clairière de Chaux, 2 rue du Chalet, 39380 La Vieille Loye. Dîner sur place. 

Réveil à 5h30. A 5h45 le grille pains fait sauter l’électricité. Comme ma lampe torche ne marche plus, je craque une allumette, rallume le compteur général et mange le pain sec. TGV Paris Lausanne en 1ère. Départ de Paris gare de Lyon à 7h56. Mon voisin de couloir a l’ordinateur portable, le costume et les chaussures d’un optimiste fiscal en partance pour la Suisse mais il descend à Dijon. Préjugé de ma part.

Le TGV arrive à Dole à 10h02 au lieu des 9h57 prévues. Pour un TGV Lyria France-Suisse, c’est un retard inadmissible. Le GR59 est très bien indiqué dès la place de la gare mais je perds du temps à admirer Dole, le Doubs (le fleuve, pas le département), les paysages en chemin. Je trouve même l’affiche d’un festival Couleurs Jazz à Lons le Saunier fin mai. Rien à voir avec Couleurs Jazz Radio où je tiens une émission mensuelle. Ils nous ont même menacé d’un procès mais ont laissé tomber l’affaire.  J’arrive en forêt de Chaux au bout de 1h50 contre 0h55 annoncé dans le topoguide Echappée jurassienne de la FFRP (Fédération française de randonnée pédestre). Pause fruits secs au parking à l’entrée de la forêt. Je discute avec une dame locale jeune grand-mère qui promène son petit-fils. Son grand-père est Breton. Son mari aussi. Les Bretons sont partout ! Le GR est très bien marqué en forêt jusqu’à une route forestière.

Là, je le perds et poursuit naïvement jusqu’au village de Belmont. Un type sort de sa voiture garée à l’entrée de la forêt et me demande où je vais. Je lui réponds « La vieille Loye ». « C’est l’opposé. Je vous emmène ». Le gars a l’air serviable et beurré comme un petit LU. Je lui fais tout de même confiance. Il m’emmène bien à La Vieille Loye avec une conduite surprenante (il connaît la route par cœur et lâche un Merde ! retentissant quand il roule sur un haricot au milieu de la route). Il m’emmène voir les baraques du 14, des maisons forestières avec four à pain du XVIIe au XIX° siècle. Emouvant.

Ensuite, il me ramène à la Vieille Loye. Il ignore l’existence d’un gîte communal mais comme je suis formel sur ma réservation, il cherche. Il s’arrête à une maison demander à une dame garde d’enfants. La dame nous explique la route. Le gars m’explique que cette femme est belle mais spéciale. Elle ne fait plus confiance aux hommes depuis son divorce. Enfin, J-C me dépose au gîte communal de la Vieille Loye qu’il découvre avec moi. Dans le même bâtiment, la commune a réuni la salle des fêtes, l’agence postale, le gîte communal, la garderie d’enfants et la cantine scolaire. Il est 15h30. Le gîte est fermé. L’agence postale n’ouvre pas avant 16h30. Aucune heure indiquée pour le gîte et sur le téléphone fixe, que j’entends sonner, je tombe sur le répondeur.

J-C fut militaire (Légion étrangère) puis policier. Jeune retraité et divorcé. Il n’a plus ni chef ni épouse pour le diriger. Il est perdu. C’est une âme en peine qui noie son chagrin dans l’alcool. Un bon gars. Je lui ai proposé un billet pour l’essence. Il a refusé parce que je suis gentil. Je ne lui ai pas dit de se soigner mais je lui souhaite.

Le gîte communal de la forêt de Chaux est donc fermé. Je vais voir la voisine à son jardin. Une mamie très sympathique qui appelle le maire après l’avoir critiqué. Le maire appelle Yoko, la gestionnaire du gîte. Une Japonaise qui vit depuis 30 ans dans le Jura. Mariée à un local. Finalement, un employé communal ouvre la porte de l’agence postale et nous dit que Yoko arrive dans 15 mn. Je dis « nous » car C, une randonneuse de Marseille, m’a rejoint. Elle aussi marche seule sur l’Echappée jurassienne. La 30ne, blonde, sportive. Elle va jusqu’à la frontière suisse (Les Rousses) où j’arriverai cet été. Demain, elle fera 25km. Moi 15 comme aujourd’hui.

Yoko arrive 5mn après et nous ouvre le gîte qui est grand, spacieux, propre, bien équipé. Organisation japonaise. Tout est nickel. Une Roumaine assiste Yoko. Ce soir, repas traiteur à chauffer au four. Ca fera l’affaire. Moins cher qu’un hôtel restaurant, c’est clair.  Première lessive à la main qui sèche en terrasse. En fin d’après-midi, je joue au badminton en double avec Yoko et les enfants de l’école en attendant que leurs parents viennent les chercher. Très sympathique. C. passe au four tomate farcie et gratin dauphinois. Je mets la table. Ajoutez charcuterie en entrée, part de Comté Juraflore du Fort des Rousses et pomme, cela fait trop. Ni elle ni moi n’en venons à bout. Ca nous fera des provisions pour le pique nique du lendemain midi. Dîner en duo en terrasse avec vue sur la forêt de Chaux. Discussion sympathique. Après le dîner, coucher tôt et lever tôt.

 

Mardi 10 mai: La Vielle Loye (39) - Arc et Senans (25)

La Vielle Loye – Route forestière Gilardoni : 2.8km. 45mn

Route forestière Gilardoni – Arc et Senans (236m) : 13.5km. 3h20.

16.3km. 4h05.

A Arc et Senans, visite de la saline royale, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.  Courses. Maison d’hôtes Arc en Sel, 36 Grande Rue, 25610 Arc et Senans. Dîner sur place.

 

 Petit déjeuner en duo. Nous nous séparons car elle va d’abord voir les baraques de 14 que j’ai vu hier grâce à J-C, mon chauffeur. Je ne l’ai jamais revue. Je prends le GR59 muni du pain et du fromage de la veille. Je marche tranquillement jusqu’à la route forestière Gilardoni (beaucoup d’Italiens dans les ouvriers du bois dans le Jura) où, comme la veille, je perds le GR.

A la ligne de chemin de fer, je croise une promeneuse qui m’explique que j’arrive à Santans. Elle ajoute que je peux soit faire demi-tour pour retrouver le GR soit prendre la route pour Arc et Senans depuis Santans. Au village de Santans un papy descend de son échelle et me demande pourquoi je ne suis pas sur le GR. Je lui explique et il m’indique la route à suivre. Je suis tranquillement la route ce qui me permet d’admirer l’église gothique (XIII°) de Chilley sur Loue. Arrivée à Arc et Senans à 14h. En chemin je suis passé du département du Jura au département du Doubs. Panneaux visibles sur la route. Dans le Doubs, absinthe toi !

Le gîte est beau, une grande maison bourgeoise avec jardin qui jouxte la Saline royale (patrimoine mondiale de l’Humanité) mais la chambre n’est pas prête. Je laisse mon sac au gîte et visite de nouveau la Saline royale. Toujours aussi impressionnante. 1ères cartes postales du séjour. Je suis vraiment arrivé trop tôt. Quand je reviens vers 16h, la chambre est prête mais il n’y a pas encore d’eau chaude dans la douche me prévient la maîtresse de maison, une Colombienne mariée à un Français. Pas grave. Vue la chaleur, une douche fraîche me fait du bien.

 Je vais dîner avec un couple de retraités. Moins plaisant qu’avec une jeune randonneuse blonde ! Dîner au jardin, chacun à sa table. A 10m de distance. M. cuisine, Mme sert. Terrine maison avec salade, tomates et endives. Délicieux. Cabillaud pas du tout local avec galette de pommes de terre, tomates cuites et petits légumes frais. Moelleux au chocolat avec crème, boule de glace, tranches d’orange en dessert. 36 € en plus des 105€. Le gîte communal c’était 65€ tout compris. C’est plus chic, plus cher, plus classe mais moins dans l’esprit de partage propre aux gîtes. C’est une chambre d’hôtes, pas un gîte d’étape. Le lendemain, j’ai rendez-vous à 14h30 aux thermes salines de Salins les Bains pour une séance de relaxation qui commence à 14h45. D’après le topoguide, j’en ai pour 6h de marche, sans les pauses. Je demande un petit déjeuner à 6h30 au lieu des 8h30 habituelles. Accordé.

 

Mercredi 11 mai: Arc et Senans (25) - Salins les Bains (39)

Arc et Senans – Sur les fontaines : 3km. 45mn

Sur les fontaines – Port Lesney : 5.5km. 1h20

Port Lesney – Rennes sur Loue : 4.1km. 1h

Rennes sur Loue – La Chapelle sur Furieuse : 2km. 30mn

La Chapelle sur Furieuse – Voie verte : 6.7km. 1h40.

Voie verte – Salins les Bains (340m) : 2.3km. 35mn

23.6km. 6h50.

A Salins les Bains, bains & massages aux Thermes. Courses.  La Maison de Poupet, 8bis rue de la République, 39110 Salins les Bains

D’une saline royale à l’autre, d’un monument classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO à l’autre, du Doubs au Jura. A 6h30, je suis lavé et habillé. Tout le monde dort. Je récupère mes vêtements qui séchaient. Slip et chaussettes finiront de sécher sur le sac. J’entre dans la cuisine et fait peur à la patronne qui ne m’attendait pas là. Elle me prépare le thé et les toasts au pain de mie (trop tôt pour le pain frais), sort les confitures maison de M. (abricots, mûres, orange), le fromage blanc frais et m’offre gracieusement 2 toasts jambon fromage et une pomme pour le midi. Je pars à 7h30 et suis le GR 59 qui fait des détours mais en forêt, à l’ombre alors que le soleil cogne comme en juillet.

Aujourd’hui, je ne perds pas le GR. Je croise un homme qui sarcle sa vigne à la main. Je le salue et nous discutons brièvement. Dans une autre vigne, un autre viticulteur balance des pesticides depuis un tracteur de sovkhoze des années 50. En me voyant arriver, il s’arrête mais il m’a bien empoisonné. J’ai aussi croisé un éleveur de chevaux comtois qui forçait le poulain à téter sa mère. La jument le laissait faire, confiante. Pas le poulain qui a fini par céder. Les chevaux sont beaux. Cet homme sait s’en occuper. Cf photographie au dessus de cet article.

Je longe la Loue en passant par Rennes sur Loue. Premier pique-nique à la Chapelle sur Furieuse à l’ombre d’un mur. 2e pique-nique à Onay, toujours à l’ombre d’un mur. Là, un petit garçon blond à vélo me demande si j’ai une maison. Je lui réponds que Oui mais qu’elle est à Paris. Ça l’intrigue alors je lui explique mon voyage. Lui va marcher jusqu’à un château mardi prochain avec l’école et la maitresse. Je le déçois car, mardi 17 mai, je serai à Paris. Ses parents ont divorcé. Sa mère a un copain. Son père a une copine. L’amoureux de sa mère a des jumeaux de son âge, 6 ans. Ça lui fait de nouveaux copains et ça lui plaît. Il a l’air de bien gérer la situation. Il est en vacances chez ses grands-parents. Papy est au travail et lui repart chez Mamy. Après mon départ d’Onay, je l’ai croisé de nouveau car il tenait à me montrer son 2e vélo, plus grand, plus beau. J’ai admiré le vélo et lui ai expliqué les signes du GR et du PR en lui disant bien de ne pas me suivre jusqu’à Salins les Bains. Il a compris et est reparti.

Arrivée à 14h à Salins les Bains en prévenant Christelle, la propriétaire de l’appartement, par SMS de mon avancée. Elle m’ouvre la maison de Poupet (nom de l’appartement) Je me change, prend mes affaires, de l’argent (90€ la séance de relaxation aux thermes) et elle m’emmène gracieusement aux thermes en voiture.

De 14h45 à 16h30, 4 soins à suivre : massage à l’eau salée, argile chaud, douche au jet, hydro bain (bain massant aux sels minéraux). Après la séance, je n’ai plus de force pour nager dans la piscine d’eau salée. Douche à l’eau douce et au savon pour enlever le sel et retour à pied, à l’appartement, tranquille, pour tout mettre à sécher. Le prix est mérité vu le bienfait ressenti après 3 jours de marche au soleil. Dîner seul en pizzeria ce soir. Apéritif maison au crémant du Jura, sirop de violette et framboisines. Pizza salinoise (comté, lardons, saucisse de Morteau). Dessert coupe glace vanille, abricots sirop, liqueur prunelle. Impeccable. 25,70€. Je suis revenu dans le Jura mais, comme j’étais sur le GR, aucun panneau ne me l’a indiqué.

 

Jeudi 12 mai: Salins les Bains (39) – Arbois (39)

Salins les Bains – Côte Château : 4.5km. 1h45

Côte Château – Pretin : 0.7km. 20mn

Prelin – Montigny les Arsures (367m) : 8km. 2h30

Montigny les Arsure – Arbois. 4km. 1h

14.2km. 5h30

Logis Hôtel les Messageries. 2 rue de Courcelles. 39600 Arbois. 

 

Journée de marche dans les vignobles. Je n’en ai vu aucun le long du GR2 en Bourgogne dans l’Yonne et en Côte d’Or mais, en Franche-Comté, dans le Jura, sur le GR59, j’y suis.

Journée des recommandations. Je commence par la boulangère de Salins (pain aux raisins et baguette tradition délicieux) qui m’apprend que le chemin d’accès au fort Saint André, que je vois de la place du marché, est obstrué pour éboulement. C’est par là que commence le GR au sortir de Salins. Je demande au fromager du marché à qui j’achète un saucisson au vin d’Arbois (un délice). Il me renvoie vers l’apiculteur qui, lui, est de Salins. Il me dit que c’est jouable, me montre une arcade, me dit d’en passer 2 avant de prendre le chemin sur la gauche vers le fort. Je passe la 1ère arcade et voit l’indication d’un chemin pour le fort Saint André à 2,6km et le village de Pretin. Je suis puisque c’est la direction du GR. Je ne prends donc pas le chemin de 1600m pour le fort Saint André après la 2e arcade. Sentier raide en sous-bois qui débouche sur une route goudronnée.

Là, un chien sort de sa propriété et vient me menacer sur la route, crocs sortis et aboyant fort. Moment d’angoisse. Le propriétaire l’appelle mais le chien continue de me chasser sur la route. Le propriétaire crie, moi aussi. Le chien me lâche après 100m. J'ai  écrit au maire de Salins car ce chien est dangereux pour les promeneurs. Aucune réponse de M. le maire à ce jour. Ensuite la route goudronnée monte en lacets jusqu’au fort Saint André, un fort Vauban bien modifié, en travaux. Pas de visite. Je dédie mon passage à mes grands-parents maternels, les André. C’est là que je prends en photo un panneau qui reprend la carte de mon GR, l’Echappée jurassienne.

Je pars vers Pretin par un chemin casse pattes qui monte raide puis descend sec. A Pretin, 1er en cas à l’ombre de l’abri bus devant la mairie. Juste à côté, une belle fontaine d’eau fraîche. Je me rafraichis les bras, la tête, la casquette, les bâtons mais n’ose pas en boire faute d’indication. Je remonte depuis Pretin et demande de l’eau à un couple de paysans retraités. Ils faisaient des vaches laitières (Comté, Morbier). Ils m’offrent de l’eau et nous parlons politique (ils votent Mélenchon). Le mari m’explique un chemin plus court que le GR pour Arbois. Ils m’expliquent que l’eau de la fontaine à la mairie est potable et ne se tarit jamais. Ce serait bien de l’indiquer dans le topoguide et sur la fontaine. Vu qu’il fait lourd et que l’orage est possible, je prends l’information. Ses indications sont bonnes.

Je quitte le GR pour suivre un sentier jusqu’à la Grange Perrey. Là, je m’arrête demande aux résidents qui me confirment l’endroit et le chemin pour Arbois. Tout au bout, à droite. Tout au bout, cela signifie, comme je l’ai deviné, au bout du chemin, au croisement avec la départementale et le goudron. Sur la route, je croise un cycliste. A ma demande, il s’arrête et me confirme que je suis sur la bonne route, dans le bon sens. D’après lui, il me reste 6-7km et l’orage ne tombera pas. 2e en cas à l’ombre d’un arbre. Je finis par les pâtes de fruits de coing bio de Haute-Savoie. Je jette les grains de sucre dans l’herbe. Ça réjouira les fourmis. Cf photographie de la combe croisée en chemin en dessous de cet article.

En suivant la route, je retrouve le GR à l’approche d’Arbois. Je vois un chemin le long des vignes qui, manifestement, va tout droit sur Arbois. Je marche et arrive dans Arbois. J’appelle l’hôtel. Pas de réponse. En cherchant et en demandant, je trouve l’hôtel des Messageries, relais de diligence du XVIIIe siècle toujours en activité.

Excellent accueil. Je demande si je peux laver mon linge et le faire sécher à l’abri de la pluie. Il fait bien lourd, bien couvert et quelques gouttes sont tombées à mon arrivée vers 15h. L’hôtesse d’accueil appelle le pressing voisin et demande le prix. 8€ le kg. J’arrive au pressing mais le patron, au look de biker, ne savait pas que je voulais mon linge lavé, séché, plié pour ce soir. En grognant, il accepte la mission.

En faisant le tour des restaurants recommandés par l’hôtesse, j’opte pour la Finette, auberge franc-comtoise dont le menu n’a pas changé depuis son ouverture en 1962. Authentique.

A 18h45, l’hôtesse m’appelle sur le téléphone de la chambre. J’ai oublié d’aller chercher mon linge mais le gars du pressing l’a ramené. Lavé, séché, plié comme promis.

A la Finette, Je choisis le menu Saveurs du terroir. Je commence par une limonade du Jura à la fraise des bois (Excelia, délicieuse), une finette à la mûre (kir local), de l’eau et un verre de vin blanc du Jura à goûter. Salade arboisienne au jambon et comté, poulet au vin jaune et aux morilles avec riz blanc, faisselle aux fruits rouges (j’ai renoncé au fromage), glace vanille et griottes de Fougerolles (70) que j’ai découverts à Montbéliard il y a plus de 20 ans. Moins de 50€. Heureusement que j’avais bien marché dans la journée sinon je n’aurais pas été de taille à affronter la Finette. Le meilleur repas de toute ma traversée du Jura, c'était là.

 

Vendredi 13 mai:  Arbois (39) – Poligny (39) - Paris (75)

Arbois – Pupillin : 3km. 45mn.

Pupillin – Poligny : 9km. 2h50

12km. 3h35mn. Poligny, capitale du Comté. Courses et gîte. Restaurants. Gare SNCF.

A Poligny TER Bourgogne Franche-Comté pour Besançon Viotte . Départ : 18h20. Arrivée : 19h09.

 A Besançon Viotte TGV pour Paris gare de Lyon.  Départ : 19h33. Arrivée : 22h09

 

 

Il a bien plu cette nuit. Je suis au petit déjeuner à 7h car mon objectif du jour est d’être à table à 12h30 à la Sergenterie, à Poligny. Normalement, le petit déjeuner est à partir de 7h30 mais c’est négociable. L’hôtesse d’accueil me montre sur plan et sur photo satellite le chemin pédestre pour aller d’Arbois à Pupillin où je retrouverai le GR59 pour Poligny. Il fait humide mais moins chaud, moins lourd et il ne pleut plus. La Nature se réjouit et verdit à vue d’œil après ces jours de chaleur. Je trouve assez vite les panneaux et la marque du PR (jaune) pour Pupillin. D’un village vigneron à l’autre, d’une AOP à l’autre. L'AOC Arbois est la plus ancienne de France (1936). J'ai donné rendez-vous à des amis à Arbois en 2036 pour le centenaire.

A Pupillin, je tombe sur un propriétaire récoltant qui a installé une statue de la Vierge Marie devant sa boutique en 1856. Manifestement, l’affaire est bénie puisqu’elle marche encore, sous le même nom, Petit. A la sortie de Pupillin, travaux impressionnants de construction d’un bâtiment viticole. Le vin du Jura rapporte gros et cela se voit.

Juste après le village, le belvédère de Pupillin donne une superbe vue sur les montagnes du Jura. J’admire et prends des photos. Une dame m’interpelle en anglais. C’est une Néerlandaise sortie de son camping-car pour me proposer le thé du matin. Je refuse poliment expliquant que j’ai déjà pris mon petit déjeuner à l’hôtel. Le GR passe devant un forum gallo-romain. A la taille d’un village local mais le mur quadrilatère est bien visible. Je photographie et me fais photographier par 2 mamies randonneuses jurassiennes. Je leur explique mon projet de marche de Paris à Rome et que j’en suis arrivé dans le Jura. Impressionnées favorablement, elles m’encouragent à poursuivre.

C’est l’étape où j’ai croisé le plus de marcheurs en chemin. Un peu plus tard, je croise une belle brune sportive qui randonne seule. Je lui demande si je suis bien sur le chemin pour Poligny. Elle me répond « Je ne parle pas le français » avec un charmant accent britannique. Je lui demande en anglais. Elle me répond un vague « Yes »  et part devant en gambadant comme une biche. Manifestement, je dois avoir une tête de grand méchant loup et je lui ai fait peur.

Plus loin encore, je croise un grand jeune homme blond qui tient sa cueillette en main et marche avec un chien sans laisse. Chien manifestement inoffensif. Je lui raconte ma mésaventure avec le chien agressif de Salins les Bains. Il compatit puis poursuit son chemin léger, sans sac. Le GR fait monter très haut pour redescendre à pic vers Poligny. Je l’abandonne pour PR qui lui-même se subdivise.

J’ai commis l’erreur de prendre le sentier le plus raide. Bien glissant en descente avec l’humidité. Je marche en crabe, freine avec les pieds et les bâtons et, en descendant, je croise une jeune femme qui monte seule avec des lunettes et un parapluie. Je la laisse passer en disant : « Priorité à la montée ». Elle me sourit et poursuit son chemin. Je finis par un escalier raide qui longe les anciens remparts de Poligny. Escalier installé en 2020 par un régiment de l’armée de Terre. Un panneau le marque.

Je trouve la tour de la Sergenterie, la rue de la Sergenterie mais pas mon restaurant. Il est 11h30 et je suis à Poligny. J’avais terminé ma randonnée de 2021 par la collégiale de Dole, repris en 2022 par la collégiale de Dole. Je finis en 2022 par la collégiale de Poligny, gothique elle aussi.

A force de demander et de tourner, je trouve mon restaurant la Sergenterie et arrive à 12h30 pile. Ma table m’attend. Dans une cave gothique. J’ai la place de ranger sac à dos et bâtons derrière moi sans gêner personne. Au menu, verre de macvin et comté en amuse-bouche, croûtes aux morilles, filet de sandre sauce au vin jaune et aux morilles avec ses petits légumes, assiette de fromages (comté, morbier & cacouyard, fromage à pâte molle que je découvre). Verre de vin blanc du Jura et bouteille d’Evian. Pas de dessert. Je me régale pour moins de 50€.

Achat des dernières cartes postales, rédaction et postage. Les précédentes furent écrites et postées à Arbois. Il me faut trouver du vin et du fromage à ramener à Paris pour moi et 4 collègues. A Poligny, les magasins de vins et de fromages sont aussi nombreux que les bijoutiers place Vendôme à Paris. Je vais à l’écart, trouve une belle église clunisienne et juste en face un fromager caviste. J’entre, me fais conseiller et achète pour plus de 108€ dont 65€ pour la bouteille de vin jaune commandée par G. Il me la remboursera. Après moi est entré un habitué, manifestement local qui venait acheter son fromage. Bon signe.

Mon TER (Train Express Régional) Bourgogne Franche-Comté pour Besançon Viotte est à 18h20 et il n’est pas encore 15h. Je m’installe sur une terrasse ombragée de café et attend tranquillement que la serveuse vienne prendre ma commande de glace pour le dessert. Framboise et nougat glacé, c’est la touche finale pour cette randonnée jurassienne. Je sors du café vers 17h et marche lentement vers la gare de Poligny, en demandant mon chemin. Il n’y a plus qu’à attendre le TER et veiller à ce que les 2 bouteilles de vin (vin jaune pour G, vin blanc du Jura pour K) ne se choquent pas dans le sac que je porte à la main. La gare n’a plus aucun agent de la SNCF. A leur place est installé un torréfacteur de café. Je suis rentré voir. Il avait l’air aussi surpris que moi de voir du monde. Pas sûr qu’il fasse des affaires.

Le TER Bourgogne Franche Comté est rempli. Il part de Lons le Saunier et finit à Belfort en passant par Montbéliard où j’ai commencé ma carrière de fonctionnaire (2000-2002). Je descends à Besançon Viotte pour prendre le TGV pour Paris gare de Lyon. Dans le TER, les 2 gars à côté de moi se plaignent que le train a 2 mn de retard. 2 mn ! Ces Jurassiens sont pires que des Suisses. Des gars de 20 ans en plus. A la descente du TER, un homme de mon âge me dit en souriant de faire attention à ma précieuse marchandise car il a entendu et vu les bouteilles. Arrivée à 19h11 au lieu de 19h09.

Mon TGV pour Paris gare de Lyon est à 19h33. Il est à l’heure. Je m’installe en solo en 1ère et pose soigneusement les bouteilles dans leur sac à mes pieds. Le TGV file vers Paris en s’arrêtant à Dole puis Dijon. Je sens la jonction des lignes grande vitesse et l’accélération du TGV. Je suis bien à Sarry (89), la commune où se joignent et se séparent, suivant le sens, les LGV Sud vers la Méditerranée et Sud Est vers les Alpes et le Jura. Mon téléphone portable est formel. J’envoie un message à ma tante F chez qui je m’étais arrêté, à Sarry (89), lors de ma marche d’Auxerre à Dole en juillet 2021.

Arrivée à Paris gare de Lyon à l’heure. 22h03. Métro, marche, ascenseur. L’appartement est intact, les bouteilles aussi. J’ai de belles ampoules aux pieds mais rien de grave. Restent les souvenirs, les images et à préparer la suite de l’Echappée Jurassienne de Poligny (France) à Nyon (Suisse) pour l’été 2022. Pour la soirée du vendredi 13 mai, j’ai jeûné. Au vu de mon dîner de la veille et de mon déjeuner du jour, je n’ai pas souffert de la faim ce soir-là.

Le chemin se poursuit à travers le Jura, de la Franche Comté au canton de Vaud, de la France à la Suisse, de Poligny (F) à Nyon (CH).

Les photographies de cet article sont l'oeuvre de Guillaume Lagrée. Toute utilisation de ces oeuvres sans autorisation de leur auteur constitue une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

Vignoble du Jura

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Combe du Jura

Combe du Jura

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