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De Paris à la Belgique. A la recherche du Sentier des Ardennes. IIIe partie. Le sentier retrouvé. Vitry le François - Sedan.

16 Novembre 2025 , Rédigé par Guillaume Lagrée

De Paris à la Belgique. A la recherche du Sentier des Ardennes. IIIe partie. Le sentier retrouvé. Vitry le François - Sedan.

De Paris à la Belgique

A la recherche du Sentier des Ardennes

IIIe partie

Le sentier retrouvé

De la Marne aux Ardennes en passant par la Meuse

Vitry-le-François - Sedan

A travers le Grand Est

9 jours de marche

Samedi 18 - dimanche 26 octobre 2025

 

Liens utiles:

GR145 Via Francigena pour la 1ére étape au départ de Vitry-le-François.

GR14 Sentier des Ardennes pour les étapes suivantes.

Meuse Attractivité: encore merci à Aurore Fournet pour l'aide précieuse à trouver un gîte au départ de Bar le Duc vers le Nord et la forêt d'Argonne.

Comité départemental de randonnée pédestre de la Meuse: merci encore au président Christian Garand pour son assistance inlassable avant & pendant la randonnée.

Office de tourisme du Pays d'Argonne: merci encore à Audrey d'être venue me chercher en voiture alors que je m'étais perdu en chemin.

Topoguide Itinérance et randonnées à travers la Meuse

Météo France

Institut Géographique National

TER Fluo (région Grand Est)

 

Bienvenue au 4e abonné de ce blog.

Que les Dieux et les Muses le protègent!

Halte pique-nique samedi 18 octobre 2025

Halte pique-nique samedi 18 octobre 2025

Après avoir suivi la Marne de Paris à Vitry le François par le GR15, je poursuis mon chemin vers la Belgique, jusqu’à Sedan, dans les Ardennes. J’ai enfin trouvé le GR14, sentier des Ardennes.

Samedi 18 octobre 2025 : Paris-Vitry le François – Saint Rémy en Bouuzemont Saint Genest et Isson

TER Fluo (région Grand Est) Paris-Strasbourg

Paris Est : 8h36

Vitry le François : 10h32

13km et 3h30 en théorie par le GR145, Via Francigena en France

Gîte communal à Saint Rémy en Bouzemont Saint Genest et Isson. Epicerie Proxi au village.

Arrivée du TER Fluo à Vitry le François à 10h40.

Arrivée au gîte à 15h45.

13km théoriques.

Première journée galère par mon fait.

Le TER Grand Est est d’une hygiène douteuse. Pas d’eau dans les toilettes. Ce n’est pas un TGV mais c’est un Paris-Strasbourg tout de même, reliant la capitale de la France à une capitale de l’Europe (Conseil de l’Europe et Union Européenne).

Arrivé à Vitry le François, je repars bêtement à l’instinct vers le centre-ville pour retrouver les panneaux du GR que j’ai quittés l’an dernier. Je demande mon chemin à un Ancien qui m’explique que je suis totalement dans le mauvais sens.

Retour vers la gare puis direction Brienne le Château (où Napoléon Bonaparte apprit à devenir artilleur) et le lac du Der Chantecoq ce qui est logique vu mon objectif du jour, le gîte communal de Saint Rémy en Bouzemont et Saint Genest et Isson sur la Via Francigena et la Voie de Compostelle.

L’Ancien m’a indiqué de suivre Vrignicourt puis le canal de la Marne que j’avais suivi en 2024 pour arriver à Vitry le François. J’ai trouvé Vrignicourt, pas le canal de la Marne.

Je suis la D13 et arrive à une pharmacie. Je demande mon chemin à une vendeuse et à une cliente avec la carte IGN. Elles ignorent tout de la Via Francigena et notamment qu’elle passe à Saint Rémy en Bouzemont Saint Genest et Isson. Je ne leur explique pas mon chemin de Paris à Rome qui suit la Via Francigena depuis Lausanne (CH). Avec la carte et les Dames, je repère Blaise sous Arzillière en suivant la D396, village où je dois retrouver le GR145.

Je mets le gilet jaune et les bandes fluo sur les bras et les jambes afin d’être visible le long de la départementale. C’est moins dangereux que la Nationale 5 Paris-Genève que j’ai suivi entre Dijon et Dole dans ma traversée de la Bourgogne à l’été 2021.

Le plan fonctionne. J’arrive au village et trouve le GR devant l’église. Dois-je monter à droite ou descendre à gauche ? Aucune indication.

Je monte à droite et trouve une table de piquenique à l’ombre. Je m’installe, sors mes victuailles et manque de m’étouffer avec de trop grosses portions de pain et de fromage de chèvre. Ce serait une mort matérialiste comme celle du Malouin La Mettrie. Vraiment stupide. Je recrache, reviens à la vie et retiens la leçon. Sévère mais juste punition de ma gloutonnerie.

Je reprends mes esprits et appelle le gîte Une dame m’explique que je dois prendre le chemin qui descend pas celui qui monte. Logique vu que je vais vers le lac du Der.

Je descends et trouve les panneaux de directions des GR145 (Via Francigena) et 654 (Voie de Compostelle). Je suis dans la bonne direction. Sentier, large, facile, plat, à travers champs.

A une pause, je réussis à me couper l’annulaire droit en prenant une boite de conserve vide pour la jeter. Je pisse le sang. L’alcool et les pansements de ma trousse à pharmacie me sont utiles.

Ensuite, chemin simple et facile en descente jusqu’à Saint Rémy en Bouzemont Saint Genest et Isson. La commune de France au nom le plus long se trouve dans la Marne.

Une fois arrivé et posé sur un banc public face à la mairie, après avoir lavé ma plaie à l’eau froide de la fontaine, j’appelle Marie-Ange qui vient me chercher et me conduit au gîte communal.

Gîte simple, propre, adapté au randonneur. Lave linge et sèche linge. J’en profite pour faire ma première lessive dès le premier soir. Don libre. J’ai laissé les 20€ conseillés. Il y a de quoi cuisiner, du sel et des pâtes. J’achète boites de concentré de tomate et de thon à l’épicerie Proxi à 200m du gîte. Douche puissante et chaude. Lit superposé et canapé lit. Livres sur place et à disposition dans une belle boite à livres entre mairie et épicerie. J’y prends une enquête sur l’évasion fiscale des époux sociologues Pinçon-Charlot. Pas de TV. Ca envoie de mauvaises ondes aux pèlerins et randonneurs. Le wifi fonctionne. Thé, café, sucre disponibles

Je n’ai pas de crédence à tamponner car je ne fais ni la Via Francigena ni la Voie de Compostelle. J'ai juste pris le G145 aujourd’hui avant de bifurquer demain vers le lac du Der et Saint Dizier. Mon objectif reste de trouver le GR14 sentier des Ardennes que je cherche depuis mon départ de Paris porte de Vincennes en 2023.

Pas d’ombre sur cette étape. Mieux vaut ne pas la faire l’été.

Lac du Der

Lac du Der

Dimanche 19 octobre 2025 :

Saint Rémy en Bouzemont Saint Genest et Isson : 7h45

Saint Dizier : 18h

26km théoriques

Passage de la Marne (51) à la Haute-Marne (52)

Déjeuner au camping de la Cornée du Der.

Chambre à l’hôtel Picardy à Saint Dizier

Dîner Au Bureau à Saint Dizier

Passage par le lac du Der Chantecoq.

 

Longue étape que j’ai allongé. D’abord en passant par le lac du Der Chantecoq que je voulais voir. Il vaut le détour. Puis en me perdant 2 fois en chemin.

J’improvise un petit déjeuner avec le thé et le sucre sur place, le molleux aux noisettes de Rocamadour que j’ai emmené dans le sac et les compotes de fruits achetées hier à l’épicerie du village.

Départ à 7h45. Je vais bien vers le lac mais vers la rive Sud alors que Saint Dizier se trouve au Nord du lac du Der. A Isson, je comprends mon erreur en consultant la carte. 45mn de perdues pour revenir au gîte. La route pour Assigny est à 50m et l épicerie est devant. Faute d’inattention de ma part. Je suis la départementale quand je vois une marque jaune de PR (petite randonnée) qui part en forêt. Logiquement, le chemin débouche sur le lac du Der.

Je le prends et arrive en 5mn sur la véloroute qui fait le tour du Lac du Der. Je la prends dans le bon sens. Dimanche d’automne avec une lumière voilée et le ballet des grues cendrées dans le ciel. C’est juste magique. Je suis les rives du lac. C’est tout plat, bien indiqué, sans aucune difficulté. L’été, c’est bondé. Aujourd’hui, c’est tranquille mais pas vide de visiteurs.

En chemin, je vois et j'entends les grues du Lac du Der. Trop rapides pour que je les photographie. Plus bruyants et invisibles, tant ils passent haut et vite, les Rafale de la base aérienne 113 de Saint Dizier.

Au lieu-dit la Cornée du Der, pique-nique au camping. Le snack bar est ouvert. Je commande un soda noir américain. J’obtiens de la barmaid un ouvre boites pour ouvrir une boite de salade de poisson récalcitrante. 2,50€ la boisson. Je suis loin de Paris. Poubelle pour jeter mes déchets. Très bon accueil pour un marcheur qui n’est pas client du camping.

Je poursuis jusqu’à la presqu’île de Nemours où je me perds et arrive au lieu-dit la Brèche. Jolie vue mais je suis trop au Sud.

Je dois revenir 3 km au Nord pour retrouver le chemin vers Eclaron puis Saint Dizier. Je trouve le canal qui mène tout droit vers Saint Dizier. 13km de marche égrénés par un panneau tous les 100m de 13km à 0km.

2 options :

  • Rester rive gauche du canal sur le bitume de la véloroute avec les panneaux de direction et le décompte kilométrique de 13km à 0km (en fait, une barrière m’a arrêté net à 0,300m)
  • Passer rive droite sur le chemin en terre sans aucune barrière ni indication mais qui va lui aussi tout droit jusqu’à Saint Dizier.

J’ai choisi la piste vélos mais pour les randonneurs, je conseille la rive droite et son chemin de terre. C’est meilleur pour les articulations du marcheur.

Arrivé en ville, je suis le  GPS qui me mène à l’hôtel Picardy. Chambre avec 2 lits. Grande salle de bains. Chauffage en marche sans exagération. Je suis le premier à me doucher ce soir. La patronne m’a prévenu d’attendre. Je masse mes pieds à l’eau froide et l’eau chaude finit par arriver.

Monique, ma grand tante de Bar le Duc chez qui je logerai demain, vient à Saint Dizier m’apporter des cartes de randonnée. Nous dinons ensemble au Bureau à Saint Dizier. Restaurant d’une chaîne où j’ai déjà mangé à Chaville (92), première étape de ma marche sur le GR2 sentier de la Seine, de Paris à Vernon.

Plus de 10h de trajet à pied aujourd’hui, c’est long. Certainement plus de 30km en pratique mais je n’ai pas de montre connectée pour me le dire précisément.

Le soleil c’était hier. Les nuages sont arrivés aujourd’hui. D’où une lumière subtile sur le lac du Der. Pluie fine pour la dernière heure de marche. Rien de grave. Etape sous la pluie demain.

Etang devant les écuries de Lombroie

Etang devant les écuries de Lombroie

Lundi 20 octobre 2025 :

Saint-Dizier – Bar le Duc

Passage de la Haute-Marne (51) (ex région Champagne Ardennes) à la Meuse (55) en Lorraine.

24km théoriques

Gîte et couvert familial à Bar le Duc

Saint Dizier : 9h

Robert Espagne : 15h40

Fin d’étape en voiture familiale.

Petit déjeuner à 8h avec pain frais et confiture d’abricot maison.

Il a plu toute la nuit. A 8h, il pleut encore. Quand je sors à 9h, il ne pleut plus. Pas une goutte de pluie de la journée. Les ancêtres, côté maternel, veillent sur moi à mon arrivée en Meuse. Ma mère Jacqueline Lagrée est née à Bar le Duc comme son père André, son grand-père Georges….

Le démarrage paraît simple. Suivre la route départementale pour Bar le Duc jusqu’à trouver sur la gauche une route forestière en sortie de ville.

Je trouve la route forestière mais aucune balise de GR. J’y vais et ne trouve rien. Je discute avec un promeneur qui ne connaît que les environs immédiats. Il  me signale des panneaux de PR dont un qui indique Chancenay. Chancenay cela m’avance sur la route de Bar le Duc.

J’arrive au village par un chemin boueux en forêt, bien balisé mais avec des troncs d’arbre à franchir.

A Chancenay, je trouve aisément le GR14B qui m’amène à Trois fontaines l’abbaye où je dois retrouver le GR14 pour Bar le Duc. Je croise un homme avec son chien qui m’explique les conflits de voisinage avec les chasseurs. Il a dû montrer les balises du GR au président de la société locale de chasse et lui expliquer qu’il ne peut chasser sur un GR. Il ne le savait pas. Inquiétant.

Le chemin arrive à une magnifique ferme écurie devant un étang, les écuries de Lombroie. Je croise le patron qui remarque que j’avance très lentement. Je lui explique que j’admire le cadre et il reconnaît apprécier de voir son travail reconnu. Un vrai jardinier du paysage.

Je trouve enfin un panneau du GR14 indiquant la direction de Saint Dizier mais pas celle de Bar le Duc.

Arrivé au village de 3 fontaines l’abbaye, je pique nique sur une table avec poubelle avant l’entrée du village. A l’entrée, fontaine d’eau potable pour remplir ma gourde. Je vois 2 panneaux du GR14 qui indiquent l’un Saint Dizier, l’autre Cheminon qui est sur la route de Saint Dizier.

Je prends donc la départementale pour Robert Espagne et Bar le Duc & trouve immédiatement la croix de Saint André du GR14. Ce n’est pas par là mais où est-ce donc? Rien ne l’indique.

Je suis la route départementale qui coupe la forêt de 3 fontaines. Une voiture par demi-heure pour me rappeler que je suis sur une route bitumée.

A 2,3 km de Robert Espagne, je tombe sur deux panneaux du GR14, l’un indiquant Robert Espagne par la route à 2,3km, l’autre Trois Fontaines à 7,7km par un sentier forestier dont je n’ai pas vu le départ au village de Trois Fontaines. Je signale le problème au président du comité départemental de randonnée pédestre de la Meuse (CDRP55). Il ira vérifier sur place car il a payé des baliseurs qui lui ont assuré avoir signalé le nouveau tracé du GR14.

J’arrive à 15h40 à Robert Espagne. Il me reste 12km soit 3h de marche. Trop long.

J’appelle ma grand tante de Bar le Duc, Monique, qui vient me chercher en voiture devant l’église de Robert Espagne  afin de me ramener chez elle me laver, me restaurer et laver mon linge.

Belle étape à travers champs et collines. J’ai enfin trouvé le GR14 que je cherche depuis mon départ en 2023 de Paris porte de Vincennes.

Le balisage reste surprenant comme cette direction pour Saint Dizier uniquement, Bar le Duc n’étant pas indiqué dans l’autre sens.

Dîner avec Monique dans un restaurant chinois de Bar le Duc. Buffet à volonté. Parfait pour un randonneur affamé.

Vue en arrivant à Beaulieu en Argonne, Meuse en Lorraine

Vue en arrivant à Beaulieu en Argonne, Meuse en Lorraine

Mardi 21 octobre :

Bar le Duc – Beaulieu en Argonne

Départ à 9h de l’Isle en Barrois

Arrivée à 16h à Beaulieu en Argonne

Gîte et couvert au Gîte de l’Abbaye à Beaulieu en Argonne.

Nuit au calme et au chaud. Au réveil, mon linge est propre et sec. Après le petit déjeuner, Monique m’emmène en voiture à l’Isle en Barrois pour raccourcir ma longue étape du jour (35 km théoriques). Photos souvenirs avant le départ. Je trouve immédiatement les balises du GR14 vers le Nord et la forêt d’Argonne.

De temps en temps, je préviens de mon avancée Monique et le président du CDRP55 à qui je sers de vérificateur sur le terrain.

Avant Vaubecourt, au sortir de la forêt, avant de prendre le chemin blanc qui descend au village, je signale une absence de balisage. Au village de Vaubecourt, achat d’un pain aux raisins et d’un carnet de timbres à la bpulangerie point postal.

Chemin en forêt et à travers champs. Dans la boue, car il a beaucoup plu cette nuit. Quelques gouttes aujourd’hui.  A une ferme, je salue le patron, un Néerlandais qui parle bien français et fait du maïs pour le gaz. De la nourriture brûlée pour produire de l'énergie alors que des êtres humains ne mangent pas à leur faim, même en France. C'est du développement durable, paraît-il. Belle ferme.

Après son chemin, la route et je manque le chemin pour Evres.

En effet, un collègue dont je n’ai plus de nouvelles depuis des années m’a appelé après qu’il ait trouvé mon courrier sur une adresse électronique qu’il n’utilise plus.  En parlant et en marchant, j’arrive à la D122 qui va à Evres en 3km. Je la suis donc.

A Evres, déjeuner sur le seul banc disponible, celui devant l’église, au milieu du cimetière. Cela déplaît aux Dieux qui me chassent à coups de pluie et de vent. Une fois ma route reprise, la météo se calme. Je poursuis sur la route pour Foucaucourt-Thabas pour éviter la boue.

Au village de Foucaucourt-Thabas, le Pressoir de l’Argonne fait du jus de pomme en direct devant les consommateurs. Le patron, un grand quadragénaire mince et barbu, aime marcher en forêt. Il me tutoie, m’offre un verre de jus de pomme sorti du pressoir (exquis)  et m’explique la route. Il m'offre aussi un coup de gnôle mais je refuse en lui expliquant que je ne bois pas d'alcool avant d'arriver. Argument bien reçu.

Je retrouve les balises du GR14 avec le chemin d’Evres par lequel j'aurais dû arriver. Le GR14 évite le village et donc le pressoir. C’est dommage. Je conseille vivement aux marcheurs de faire un léger détour par le Pressoir de l’Argonne. Ils y seront bien accueillis.

Après avoir suivi la route de Waly, le GR14 bifurque à travers champs, plus direct que la route mais plus boueux forcément.  C’est raide, boueux mais quelles vues !

Arrivé à Beaulieu en Argonne, je galère un peu pour trouver le gîte. Fatigue.

A 16h, la patronne fait encore le ménage après des clients indélicats (odeur de cigarette électronique, vaisselle à refaire…). Je patiente devant le poêle à bois belge, me réchauffe et sèche.

Douche vers 18h. Changement d’habits et là le confort commence.

Caroline installe une liseuse pour que je puisse lire et écrire près du poêle. J’attends mon dîner patiemment car elle a d’autres charges personnelles impératives.

Sur la table, du jus de pomme du Pressoir de l’Argonne et un pétillant aux pommes des Ardennes.

Cela vaut l’attente. Soupe aux légumes du jardin. Terrine de poulet au cidre d’un producteur d’Argonne (ferme des Argonautes). Lasagnes maison avec assiette de salade verte, tomates et haricots verts. Pas de fromage. Tarte maison aux pommes et aux quetsches.

Digestion en lisant au coin du feu. Sommeil excellent évidemment

Un chemin blanc en forêt d'Argonne

Un chemin blanc en forêt d'Argonne

Mercredi 22 octobre 2025 :

Beaulieu en Argonne – Auzéville en Argonne.

Gîte et couvert Chez Agnès à Auzéville en Argonne

15km en théorie. Etape facile en théorie que j’ai compliqué et prolongé en pratique.

Départ à 11h.

Arrivée à 16h.

Nuit paisible. Caroline, la patronne, m’a prévenu qu’elle n’est pas matinale en raison de ses obligations personnelles. A 8h45, je l’appelle, la réveille et un délicieux petit déjeuner arrive. Brioche, tarte au sucre, pain de campagne, confiture maison de quetsches, miel de fleurs sauvages d’Argonne, fruits, petits suisses.

Je suis parti à 11h. Jamais de ma vie je n’étais parti aussi tard d’un gîte. Après avoir visité le pressoir de l’abbaye et reçu 3 cartes postales en cadeau souvenir.

Etape courte et facile sur la carte. Sur le terrain, c’est autre chose. Le GR14 se trouve facilement à 100m du gîte de l’Abbaye. Bien balisé sur un chemin blanc large et facile en forêt.

Trop simple. Les balises disparaissent en chemin. Aucune indication. Je vais plein Nord et arrive sur la D22 au lieu-dit Bellefontaine, commune de Futeau. Il y a effectivement une belle fontaine à laquelle je remplis ma gourde mais je suis à 12km soit 3h de marche de l’objectif et il est déjà 15h.

J’appelle les 2 compagnies de taxi de Clermont en Argonne. Les 2 sont indisponibles.

J’appelle alors l’Office de tourisme de Clermont en Argonne et Audrey vient me chercher en voiture. Christian Garand, président de la FFRP Meuse, m’avait chanté ses louanges. Je les chante aussi.

Elle me retrouve aisément sur la route et me ramène à l’office de tourisme de Clermont en Argonne. J’achète 3 cartes postales en modeste remercierment.

Il me reste 2km de marche tranquille le long de la D988, sur la piste cyclable jusqu’à Auzéville en Argonne et l’hôtel restaurant chez Agnès.

Je le trouve facilement mais j’arrive à 15h50 alors que c’est fermé de 15h à 19h. 2 numéros de téléphone  sont indiqués. J’appelle le téléphone fixe, un homme me répond et m’explique comment entrer. Chambre propre, claire, moderne, confortable. Grande salle de bains avec douche à l’italienne. Un bonheur pour le randonneur.

Dîner sur place. Serveuse ukrainienne avec un accent chantant qui ajoute à son charme. Saucisson brioché avec trop de vinaigre balsamique sur la salade. Risotto au parmesans et aux cailles. Délicieux. Crumble pommes & clémentines en dessert. Tisane hibiscus baies pour digérer. Petit déjeuner à 7h.

Si la météo dit vrai, la tempête Benjamin rendra l’étape de demain difficile. 85-90 km/h de vent annoncés.

 

Pennsylvania Monument, Varennes en Argonne, Meuse en Lorraine

Pennsylvania Monument, Varennes en Argonne, Meuse en Lorraine

Jeudi 23 octobre :

Auzéville en Argonne – Varennes en Argonne.

Départ : 8h45

Arrivée : 12h30

Gite et couvert à l’hôtel du Grand Monarque à Varennes en Argonne.

17km.

Etape rapide le long de la route départementale pour échapper à la tempête Benjamin et au risque de chutes de branches en forêt. J’ai donc raté une étape historique, celle de la Haute Chevauchée, haut lieu de la Première Guerre mondiale et de la bataille d'Argonne.

Je commence par une pause au bout de 2km à l’office de tourisme de Clermont en Argonne pour remercier de nouveau Audrey, qui est venue à mon secours hier et lui acheter des souvenirs meusiens qui ne pèsent pas lourd dans le sac (2 savons à la rose en l’espèce). Elle me prévient que la départementale va tout droit sur 15km jusqu’à Varennes en Argonne, que je ne peux pas me perdre mais que la route est dangereuse et même mortelle. J’ai mis le gilet jaune et les bandes fluorescentes jaunes pour être bien visible face aux voitures en marchant sur le côté gauche de la route.

A chaque vente, l’hôtesse de l’office de tourisme doit émettre un bon d’achat papier rempli à la main à remettre au Trésor Public. En 2025. La e administration à la française.

Je vois bien la balise du GR14 partir en forêt à la sortie de Clermont en Argonne mais je reste le long de la route pour éviter les chutes de branches.

Je trace la route côté gauche. Voitures et camions s’écartent pour me laisser la place. Les bas-côtés herbeux sont suffisamment larges.

J’arrive à 12h30 à l’hôtel du Grand Monarque qui existait déjà sous ce nom quand Louix XVI fut arrêté à Varennes en Argonne le 21 juin 1791. Dans ce village marqué par l’Histoire, traces visibles de Louis XVI et de l’armée américaine du général John Pershing dont l’apport fut décisif lors de la bataille de Meuse - Argonne à l’automne 1918.

Alexandre et Madeline gèrent tout. Alexandre cuisine et cause, Madeline sourit et sert. Ils sont adorables et offrent une vraie cuisine maison, pas de l’industriel réchauffé. Pour ce midi, lasagnes et salade puis un entremets nougat fruits rouges. Pour le soir, tarte au cheddar et piquillos suivi de ravioles fondantes avec un accompagnement croquant (un vrai régal) suivi d’un entremets chocolat praliné. Les desserts viennent d’un copain pâtissier qui travaille bien lui aussi. Cuisinier et pâtissier ce n'est pas le même métier. 

Après-midi à buller au chaud dans le lit , pendant qu’il pleut dehors, après une douche chaude et puissante. Mon linge est lavé, séché, plié ce soir grâce aux bons soins d’Alexandre et Madeline. Très appréciable pour un randonneur car ma dernière lessive remontait à lundi soir à Bar le Duc.

Je finis par sortir sous la pluie en allant chercher un journal au Carrefour express au bout du village. Ils n’ont pas le Canard enchaîné mais je trouve le Monde Diplomatique de septembre 2025. Ca fait l’affaire par un jeudi 23 octobre de pluie à Varennes en Argonne.

Discussion avec Alexandre qui me propose de m’emmener au départ du GR14 demain avec ses chiens qu’il emmène en promenade. Deux énormes Beaucerons sympathiques.

Un jeudi soir, je suis le seul client de l’hôtel restaurant. Le week end en automne, les chasseurs remplissent le lieu. Ce sont des bons clients mais trop souvent irrespectueux. Cela ne parle pas que chasse à table. L’union des droites se fait aussi dans cet hôtel restaurant loin de la presse parisienne. LREM a été créé pour attirer les élus de LR vers EM. Le LRN se crée discrètement dans le Grand Est.  Après la chasse au gibier en forêt, la chasse aux places se règle à table au Grand Monarque à Varennes en Argonne. Le patron ne garde comme clients que 4 sociétés de chasse sur 10. Les autres sont composées de grossiers personnages qui ne sont plus les bienvenus.

Je devrais voir le long du GR les tas de maïs qui attirent les sangliers et leur permettent de faire 3 portées dans l’hiver. Ce n’est plus de la chasse mais du ball trap.

Bref, je suis traité comme un Grand Monarque à l’hôtel restaurant du Grand Monarque à Varennes en Argonne.

Un balcon en forêt d'Argonne

Un balcon en forêt d'Argonne

Vendredi 24 octobre :

 

Varennes en Argonne – Harricourt

Passage de la Meuse en Lorraine aux Ardennes (ex région Champagne-Ardennes).

Départ : 9h

Arrivée : 18h

30km théoriques.

Gîte des Castors à Harricourt. Rien à manger.

Taxi d’Autremont à Grandpré.

Délicieux petit déjeuner à 8h. Servi par Madeline. Alexandre son époux m’emmène au début du GR14 pour promener ses chiens. Deux énormes Beaucerons qui ne font pas un bruit. Un mâle et une femelle. Depuis mon siège passager, j’ai droit au coup de langue affectueux de la femelle à l’arrière. Après quelques pas, nous nous saluons et Alexandre fait demi-tour avec ses chiens. Je suis le GR14 tranquille.

La forêt est magnifique aux couleurs d’automne. Une symphonie de couleurs. Je comprends pourquoi le GR14 est appelé sentier des Ardennes. Depuis Paris, mon départ, c’est le but et le clou du voyage.

Je perds le GR14, descend tout droit, passe un ruisseau, remonte sur un chemin blanc. Pas de balise. Ca ne va pas.

Je redescends, repasse le ruisseau, remonte et retrouve les balises du GR14. Comme par magie. Dans le bon sens, vers le Nord. Ma boussole est formelle.

Cette étape est un émerveillement permanent. Je suis seul à profiter des couleurs et lumières d’automne en forêt des Ardennes. Sol boueux mais quel cadre, quelle lumière ! Le soleil est revenu avec quelques nuages et encore du vent.

Je sors de la forêt de Marcq vers 14h et trouve une aire de pique-nique avec table et bancs en bois sous un toit. Juste ce dont j’ai besoin.

Je poursuis et arrive au village de Grandpré à 15h30. Je vois une publicité pour un taxi. J’appelle. Pas de disponibilité avant 17h30. Le bar est fermé. Je vais remplir ma gourde à la pharmacie et la pharmacienne m’explique qu’il me reste 15km pour Harricourt. 4h de marche. C’est trop.

Je suis le GR14 vers Binquenay (panneau de direction très clair) pour me rapprocher mais la pluie et le vent me font faire demi-tour.

Je rappelle le taxi et nous convenons d’un rendez-vous devant l’église de Grandpré à 17h20. 38€ la course c’est raisonnable. Il ne prend pas la carte bleue mais j’ai de l’argent liquide sur moi. Comme le bar est fermé, je m’assieds au sec dans l’église Saint Médard.

Chauffeur très sympathique qui m’explique qu’il emmène ses petits-enfants à Paris ce week end.. A l’arrivée, le gîte  des Castors est fermé et aucun nom ne figure dessus. J’appelle, obtiens les instructions, trouve la clef et ouvre. C’est grand, propre, moderne, bien équipé avec un poêle à granulés qui chauffe mais il n’y a rien à manger. Pas d'épicerie accessible à pied depuis Harricourt. Pas de restaurant non plus.

La friterie du coin ne livre pas. Les restaurants non plus. C’est le chauffeur de taxi qui m’a donné leurs coordonnées.

Je rappelle le patron du gîte. D’abord, il me répond qu’il ne m’entend pas puis il ne me répond plus du tout. Ni au message sur le répondeur, ni au SMS. Bref, il ne faut rien lui demander d’utile. J’aurais dû anticiper et demander un repas mais tout de même.

Je survis avec ce qui me reste dans le sac dont un authentique panforte senese qui est un concentré énergétique. Une bière est au réfrigérateur pour moi et je ne bois pas de bière. Rien pour le petit déjeuner non plus.

Un gîte où je n'ai rien à manger ni le soir pour l'arrivée, ni le matin avant de partir, c'est une première en plus de 20 ans de marche en France, Suisse et Italie. Sauf les gîtes en ville mais en ville il y a des épiceries et des restaurants ouverts et accessibles à pied.

De plus, la couette était trop légère pour une nuit d'octobre. J'en ai pris une deuxième sur un autre lit vu que j'étais le seul client du gîte cette nuit là.

Bref, au gîte des Castors, à Harricourt, il faut venir avec son ravitaillement ou le prévoir à l’avance. A l’improviste, vous n’aurez rien à manger.

Sur le plateau avant la pluie

Sur le plateau avant la pluie

Samedi 25 octobre :

Harricourt : 8h30

Chemery sur Bar : 13h30

Gîte et couvert au gîte Chez Tante Aurore à Chemery sur Bar

Rien à manger le soir. Rien à manger le matin. Il me reste une clémentine et du panforte senese. Même pas de thé au gîte des castors à Harricourt. Dommage, il y a une bouilloire.

J’attends le jour et pars à 8h30. La balise du GR14 est facile à trouver à la sortie du village, au carrefour des routes départementales.

Très vite, le GR part à gauche, à travers champs, sur un plateau. Je vais plein Nord et me prends de face la pluie et le vent du Nord justement. Avant la pluie, je prends de belles photos. Ensuite, j’essaie juste de suivre le chemin secoué par le vent et la pluie. Le chemin va tout droit mais je perds tout de même le GR.

Je débouche au village de Sy à 12h30. Je vois une maison avec un porche sous lequel se trouve un banc abrité de la pluie et du vent. Les fenêtres sont ouvertes et une voiture est garée devant. La maison est donc habitée. Je sonne à la porte et une Dame vient m’ouvrir. Mon ange gardien m’a mené ici.

La Dame de Sy prend pitié de moi, déplace le banc, m’amène une couverture, un carton et du thé chaud avec du sucre. Elle s’excuse de ne pouvoir me recevoir chez elle mais je suis trop sale et trempé pour entrer. Une fois mon pique-nique terminé, elle me dit qu’elle va à Chemery sur Bar faire du repassage chez un particulier et qu’elle peut m’emmener en voiture. Son mari est parti en Bretagne voir leur fils Guillaume. Je m’appelle Guillaume et suis originaire de Bretagne.

Cela tombe bien. Mon gîte se trouve à Chemery sur Bar ce soir. J’accepte la proposition, mets mon sac à dos dans le coffre et moi sur le siège passager. La Dame de Sy aime son coin et me le fait visiter. Elle m’emmène admirer la Chartreuse de Mont Dieu (incendie le 2 novembre 2025. Je suis passé à temps) et la ferme fortifiée de Bar qui en dépendait. Elle m’emmène à Chemery sur Bar et me dépose devant le gîte Chez Tante Aurore à 13h30. Merci à Patricia, la Dame de Sy.

Devant le gite, j’appelle Monique, l’hôtesse qui m’ouvre sa porte. Superbe accueil. Je mets à sécher vêtements et chaussures. Elle finit d’installer ma chambre. Je me lave, me sèche, me change pendant que Monique part à une brocante.

Je garde la maison et en profite pour recevoir Laurent, un ami de Châlons en Champagne, de passage dans les Ardennes, sa terre natale. J’avais prévenu Monique. Nous prenons le thé à la cuisine pour ne pas salir et Laurent découvre avec délice le panforte senese.

Monique revient, nous discutons tous les 3 et Laurent repart voir ses cousins du coin.

Je me repose dans la chambre en regardant des photos des Ardennes dans des livres. Après cette marche, je comprends mieux pourquoi tant d’écrivains (William Shakespeare, Victor Hugo, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Julien Gracq, André Dhotel), souvent enfants du pays, ont été fascinés par les Ardennes. La forêt des Ardennes aux couleurs d’automne, c’est magique.

Dîner au salon avec l’hôtesse. Le feu de bois ronronne dans la cheminée. Soupe de légumes du jardin, feuilles de vigne farcies maison, fromages, compote aux pommes du verger. Crème au chocolat avec le lait de la ferme d’en face. Cette soirée me rattrape largement de l’absence de dîner hier soir. En apéritif, un ratafia aux raisins de sa vigne fait par le vigneron du coin.

L’hôtesse est aussi marcheuse. Elle est allée seule à pied de Sens (Yonne, Bourgogne Franche Comté) où je suis passé sur mon chemin de Paris à Rome, au Grau du Roi dans le Gard, en Occitanie, où j’avais fini une randonnée en couple (la Voie Régordane) prolongée au-delà de Saint Gilles du Gard jusqu’à la Mer Méditerranée pour le bain final.

Bref, je suis chez une Dame de qualité. Une vraie hôtesse pour une vraie chambre d’hôtes.

La Meuse à Sedan

La Meuse à Sedan

Dimanche 26 octobre :

Chemery sur Bar : 8h45

Sedan : 14h30

L’Authentique charcutier à Wadelincourt (jambon et saucisson des Ardennes)

Dîner au restaurant Saveurs de l’Inde à Sedan

Château de Sedan, le plus grand château fort d'Europe.

TGV Inouï

Sedan : 20h53

Paris Est : 23h01

Exquis petit déjeuner au salon avec feu de cheminée. Tout est fait maison ou produit localement : confitures, yaourt, œufs sur le plat, jambon des Ardennes, miel de Meuse, pain du boulanger.

Comme cadeau de départ, j’ai droit à une reine claude séchée au four comme source de sucre rapide.

Je ne saurais trop recommander le gîte chez Tante Aurore à Chemery sur Bar (08) aux randonneurs du GR14, sentier des Ardennes.

Belle étape avec du soleil et du vent en forêt ou à travers champs. Très bien balisée sauf un poteau tombé à terre sur le plateau au dessus de Chemery sur Bar. Je l’ai remis en place dans le bon sens.

Halte pique-nique grâce à la table et aux bancs devant l’église de Bulson.  Passage devant le château de Rocan qui logea l’état major allemand en 1870, 1914 & 1940.

Au lieu dit la Marfée, au dessus de Sedan, cimetière militaire allemand avec drapeau français. Là, un panneau m’indique que je suis en zone de chasse un jour de chasse, le dimanche 26 octobre 2025. Passage interdit mais Sedan est visible à 2km, tout droit en bas. Je passe quand même sans voir ni entendre de chasseur.

J’arrive à la voie verte d’accès à Sedan. Juste devant le GR14, à Wadelincourt, se trouve l’authentique charcutier Ponsart. Fermeture à 12h30 le dimanche selon le panneau. Il est 14h et c’est ouvert. La patronne m’a repéré et m’invite à entrer. Je fais le plein de jambon et de saucisson des Ardennes pour le ramener à Paris. Je me fais chauffer un pâté croûte que j’emmène et mange devant la Meuse qui mène à Sedan. La canne d’Arthur est un saucisson à l’absinthe qui rend hommage à Arthur Rimbaud, fils des Ardennes.

Arrivée en ville par le pont sur la Meuse. A gauche, la gare où je prendrai le train pour Paris Est ce soir. A droite, la ville .

Je vais à droite pour visiter le château de Sedan, le plus grand château fort d’Europe.

Billet à 14€ au lieu de 12€ car il faut payer les décorations d’Halloween en prime. Le château est devenu un gigantesque parc d’attractions. Histoire et géographie ont disparu au profit du divertissement. Les enfants s’amusent mais ne découvrent, n’apprennent rien. J’abrège la visite tant ce business made in USA m’agace. C’est bon pour le tiroir caisse et mauvais pour la culture générale.

En ville, je trouve un marchand de fruits et légumes qui fait des smoothies délicieux. Je recommande Erciyes Primeurs à Sedan. J’ai commandé, payé et savouré.

Je tourne en ville pour trouver un restaurant ouvert à Sedan le dimanche soir. Tous les restaurants français et ardennais sont fermés. Dans une rue, le restaurant africain et le restaurant indien sont ouverts, eux. Je vais dîner chez l’Indien. Réconfort après l’effort. Biriani agneau, lassi rose, naan fromage et glace kulfi. Thé indien offert. Par contre, il n’y a plus de graines servies en fin de repas pour digérer et soigner l’haleine.

25mn de marche jusqu’à la gare pour digérer. Attente du TGV qui est à l’heure et ne va guère à grande vitesse (arrêts à Charleville-Mezières, Rethel & Reims). Arrivée à Paris Est à l’heure prévue, 23h01.

J’ai oublié ma casquette dans le train à Paris Est, ai perdu en chemin un cache cou et une bande fluorescente de sécurité routière. Rien de grave.

Excellent accueil tout du long sauf au gîte des Castors à Harricourt où il n’y a pas d’accueil du tout.

Des jours entiers de marche sans croiser un être humain de la journée sur le sentier, c'est le privilège du Grand Est en automne. Marcher sur un tapis de feuilles mortes, c'est magnifique et confortable mais cela ralentit, surtout avec de la boue. Il faut en tenir compte dans le temps de marche. Je l'ai appris sur place.

J'étais bien équipé. Grosses chaussures de marche, allemandes, lourdes, solides, qui ont gardé mes pieds au chaud et au sec. Pantalon de pluie et blouson imperméable coupe vent. Equipement indispensable pour marcher l'automne en forêt dans le Grand Est.

J’ai compris pourquoi la forêt des Ardennes a inspiré tant d’écrivains. A l’automne, c’est une symphonie de couleurs entre vert, rouge, brun et jaune. Même sous la pluie et le vent, c’est magique.

La magie se poursuit jusqu’en Allemagne avec le GR14 en Belgique à travers l’Ardenne (Ardennes en France, Ardenne en Belgique) puis en Allemagne avec le parc national de l’Eifel.

 

En extrait audio, au dessus de cet article, " A forest " (The Cure) joué en trio acoustique par Pierrick Pédron (saxophone alto) sur son album Kubic's Cure (2014).

La vidéo  sous cet article rend hommage à James Reese Europe (1880-1919), compositeur et chef d'orchestre des Harlem Hell Fighters, surnom du 369e régiment d'infanterie de l'US Army, issu de la Garde Nationale de New York, le seul régiment noir de l'armée du général John Pershing en 1918. Sous commandement français au combat puisque l'armée américaine était alors uniquement blanche.

Le premier concert de Jazz en France eut lieu à Nantes, au théâtre Graslin, le 12 février 1918, suite au débarquement des troupes américaines. Avec cet orchestre. Le 369e R.I est le régiment américain le plus décoré de la Première Guerre mondiale, tant par les Américains que par les Français. Le régiment a reçu la Croix de Guerre, plus haute distinction militaire de la République française. Cf l'étape du jeudi 23 octobre à Varennes en Argonne avec le Pennsylvania Monument.

Château de Sedan

Château de Sedan

De Paris à la Belgique. A la recherche du Sentier des Ardennes. IIIe partie. Le sentier retrouvé. Vitry le François - Sedan.

Les photographies de cette chronique furent prises en chemin par l'Excellent Guillaume Lagrée. Toute utilisation de ces oeuvres sans autorisation de leur auteur constituent une violation du Code de la propriété intellectuelle passible de sanctions civiles et pénales.

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